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Rien compris, mais très fâché : Psyhodelik découvre la Martinique

Par Parlons Large 14/04/2026

Confondre la Martinique avec la Palestine, puis dénoncer du “wokisme” parce qu’une série tournée sur place montre des visages noirs : en quelques secondes, Psyhodelik a condensé ignorance des Outre-mer, panique anti-woke et regard racialisé sur une réalité pourtant évidente.

Netflix parle créole, certains découvrent la Martinique

 

À la veille de la sortie mondiale de Bandi, le 9 avril 2026, Netflix France choisit d’interpeller son public avec un message simple : “Zòt paré ?”. Une expression créole, accompagnée du drapeau martiniquais, affichée jusque dans la bio Instagram de la plateforme.

Un choix loin d’être anodin. Il marque une volonté claire : ancrer la série dans son territoire, parler directement au public ultramarin et assumer une identité culturelle forte. Diffusée dans près de 190 pays, la série se veut locale dans sa narration et globale dans sa portée.

Mais pendant que Netflix parle créole, certains découvrent… que la Martinique existe.

 

 

 

 

Une confusion ridicule qui devient révélatrice

 

C’est dans ce contexte que le youtubeur Psyhodelik réagit en live. Face au visuel de la série, il croit reconnaître le drapeau palestinien. Il s’emporte, évoque une forme de propagande, puis se corrige : ce n’est pas la Palestine, c’est la Martinique.

Mais la correction ne change rien. Immédiatement, il enchaîne : “c’est pas mieux”. La confusion devient alors secondaire. Ce qui reste, c’est le regard posé sur la Martinique.

 

 

 

Le problème n’est pas l’erreur, c’est ce qu’il en fait

 

Se tromper de drapeau peut arriver. Ce qui suit, en revanche, est beaucoup plus révélateur. Une fois l’erreur corrigée, la réaction ne change pas : la Martinique reste perçue comme un problème.

Dans cette logique, une série tournée en Martinique, avec des Martiniquais, devient du “wokisme”. Comme si représenter un territoire tel qu’il est relevait d’un agenda idéologique. Comme si des visages noirs dans une fiction martiniquaise constituaient une anomalie.

 

 

 

 

Une série locale… traitée comme un problème

 

Bandi raconte une histoire familiale dans un contexte de tensions sociales, avec une narration ancrée dans la réalité locale. Comme toute fiction dramatique, elle explore des sujets complexes, parfois violents.

Mais cette approche a déjà suscité des critiques : certains estiment que la série renvoie une image négative de la Martinique. D’autres rappellent au contraire qu’une fiction n’est pas un office du tourisme.

Ce débat existe. Mais ici, on n’y est même pas. La critique ne porte pas sur le contenu, mais sur l’existence même de la série.

 

 

Quand la Martinique disparaît derrière “les noirs”

 

C’est là que la séquence devient politique. La Martinique n’est plus vue comme un territoire, mais comme une présence raciale jugée excessive. Elle disparaît derrière une lecture simplifiée : “des noirs à l’écran”.

Or la réalité est simple : une série martiniquaise montre des Martiniquais. Comme une série norvégienne montre des Norvégiens.

Mais dans certains imaginaires, la norme reste blanche et hexagonale. Tout ce qui s’en éloigne devient suspect, surreprésenté, ou idéologisé.

 

 

 

Le “wokisme” comme cache-misère

 

Dans cette séquence, le mot “wokisme” ne sert pas à analyser. Il sert à masquer. À éviter de dire ce qui dérange vraiment : la visibilité d’un territoire ultramarin, avec ses visages et ses récits.

Ce n’est pas une propagande qui est rejetée ici. C’est une réalité. Celle d’une France qui ne se limite pas à l’Hexagone.

 

 

 

Une séquence qui dit beaucoup plus que prévu

 

Au fond, cette séquence dépasse largement un live raté. Elle révèle une difficulté persistante à reconnaître les Outre-mer comme pleinement français, pleinement légitimes, pleinement visibles.

Martinique ou Palestine, peu importe : dans les deux cas, ce regard voit d’abord une altérité à rejeter avant de voir une réalité à comprendre.

Et c’est peut-être ça le plus révélateur : en croyant dénoncer un excès, Psyhodelik a surtout exposé un vide. Un vide de connaissance, un vide politique, et un regard incapable de reconnaître la Martinique autrement que comme un dehors. Et un manque clair d’humanité

 

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