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CNEWS : des excuses pour Aya Nakamura… ou pour l’Arcom ?

Par Parlons Large 24/02/2026

Une séquence, quelques mots, puis un malaise. Sur CNEWS, Richard Millet attaque Aya Nakamura. Les propos sont racistes, misogynes et grossophobes. Pascal Praud finit par exiger des excuses. Mais à qui étaient-elles vraiment destinées ?

Une attaque frontale en plein direct

 

L’émission n’a pas encore atteint les dix minutes. Le plateau commente la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques. Très vite, Richard Millet dérape. Il lance : « Je préfère La Traviata à cette chanteuse énorme malienne ». La formule choque immédiatement. Sarah Saldmann tente d’intervenir. Elle rappelle que l’on ne peut pas parler ainsi. Pourtant, le chroniqueur persiste. Il évoque une “provocation” en parlant de la prestation d’Aya Nakamura. Le malaise s’installe. Pascal Praud, lui, temporise. Il dit devoir “modérer”. Il précise que qualifier physiquement n’est “pas bien”. L’antenne continue.

 

 

 

Des propos racistes laissés à l’antenne

 

Pendant près de quarante minutes, personne ne revient réellement sur la gravité des mots prononcés. Aucun recadrage clair n’est proposé. L’attaque vise une artiste française d’origine malienne. Elle repose sur l’apparence et l’origine. Le racisme est explicite. La misogynie l’accompagne. La grossophobie complète le tableau. Pourtant, le débat se déplace rapidement vers les goûts culturels et le “wokisme”. Ce glissement évite le fond. Il transforme une insulte en divergence esthétique.

 

 

 

Des excuses exigées… mais pour qui ?

 

Plus tard dans l’émission, Pascal Praud demande à Richard Millet de s’excuser. Le ton change. Le présentateur insiste. Il répète que la chaîne est “mise en difficulté”. Il souligne qu’il est responsable de l’antenne. Finalement, l’écrivain prononce un “je m’excuse”. L’aveu reste bref. Il est accompagné d’une justification. Richard Millet explique qu’il “appelle un chat un chat”. Les mots semblent arrachés plus que sincères. Surtout, Aya Nakamura n’est jamais nommée dans cette séquence d’excuses.

 

 

 

L’ombre de l’Arcom et la régulation audiovisuelle

 

Ce contexte éclaire la scène. CNEWS accumule les sanctions financières. En février, la chaîne a écopé de 100 000 euros d’amende pour des propos discriminatoires. Depuis 2019, le montant total dépasse les 630 000 euros selon Mediapart. La régulation audiovisuelle pèse lourd. Pascal Praud le sait. Lorsqu’il répète que la chaîne est “mise en difficulté”, il ne parle pas seulement d’image. Il évoque une responsabilité juridique. Dès lors, les excuses prennent un autre sens. Elles semblent adressées à l’Arcom autant qu’à la chanteuse.

 

 

Une maîtrise de l’antenne à géométrie variable

 

La séquence interroge aussi la gestion du direct. Pascal Praud affirme devoir être vigilant. Il demande aux futurs invités de faire attention. Pourtant, la régulation intervient tardivement. Les propos ont déjà circulé. Ils ont déjà été entendus. L’argument de la spontanéité ne suffit pas. Une chaîne d’information continue repose sur un cadre. Ce cadre implique des limites. Ici, la réaction paraît contrainte. Elle semble dictée par la crainte d’une sanction plutôt que par un principe.

 

Au-delà d’un dérapage

 

Richard Millet n’en est pas à sa première polémique. D’autres propos controversés ont marqué son parcours. Sur le même plateau, il avait déjà tenu des déclarations homophobes. Par ailleurs, la participation d’Aya Nakamura aux JO avait déclenché une vague de commentaires racistes avant même sa prestation. Dix militants identitaires ont été condamnés en septembre pour injure publique aggravée. La séquence de CNEWS s’inscrit dans ce contexte. Elle prolonge un climat où certaines paroles trouvent un espace.

 

Excuses stratégiques ou réelle prise de conscience ?

 

Les mots prononcés contre Aya Nakamura restent clairs. Les excuses, elles, paraissent floues. La régulation audiovisuelle agit comme un rappel à l’ordre. Sans elle, la réaction aurait-elle été la même ? La question demeure. Ce qui est certain, c’est que l’antenne amplifie. Elle diffuse. Elle normalise parfois. Dans ce cas précis, l’intervention tardive soulève un doute. Était-ce un geste éthique ou un réflexe de protection ?

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