Je ne serais pas étonnée que les élites russes n’aient aucune conscience de la symbolique historique de ce que les militaires sont en train de faire sur le terrain. Et c’est déjà terrible. Mais si le Kremlin en a conscience, c’est encore pire. Fin 🧶. 18/18
— Anna Colin Lebedev (@colinlebedev) May 1, 2022
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On estime à 4 à 6 millions le nombre de victimes de cette famine. Les paysans ukrainiens ont été enfermés dans leurs villages, gardés par l’armée. Toute la récoltes de blé et tous leurs semis ont été confisqués, de même que le bétail et les réserves. 3/18https://t.co/lKOH9UPmXX
— Anna Colin Lebedev (@colinlebedev) May 1, 2022
La répression a un but punitif. Le pouvoir n’a pas un besoin vital du pot de soupe et du poulet de chaque paysan ukrainien. Il faut faire plier les paysans pour les faire adhérer au système soviétique. Des villages entiers sont décimés, le cannibalisme se déclare. 4/18
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Pour l’Etat ukrainien, la famine organisée par Moscou est un génocide. En raison des intentions de l’Etat, mais aussi parce que la répression des campagnes s’accompagne en parallèle d’une extermination des élites intellectuelles ukrainiennes dans les villes. 5/18
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Pour les historiens, le débat sur la nature génocidaire de la famine est toujours en cours. Exemple d’arguments du débat: pour l’historien A.Graziosi, le projet n’est pas génocidaire à ses débuts, mais il le devient au fur et à mesure des mois. 6/18https://t.co/UXn9QvX9dw
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Dans la société russe, la famine ukrainienne est mal connue, sauf dans des cercles d’historiens insérés dans les réseaux internationaux. Je suis certaine que la plupart des Russes, et aucun des militaires russes tirant sur les civils à Boutcha n’en a entendu parler. 7/18
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Mais pour les Ukrainiens, le parallèle est immédiat. Plus qu’un parallèle: une continuité. Une confirmation de l’intention génocidaire continue de Moscou à leur égard. Quand ils parlent de génocide, les Ukrainiens ne font pas pour la formule frappante. 8/18
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Or, aujourd’hui, volontairement ou involontairement, la Russie reproduit les techniques des années 1930. Dans la région de Zaporizhya, on rapporte des confiscations du blé que les paysans refusent de vendre à moitié prix. 9/18https://t.co/JqbRZmThYk
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Cette information est confirmée par l’adjoint du ministre de l’agriculture ukrainien. On rapporte également des vols de tracteurs et autres machines militaires, emmenés vers la Russie. 10/18https://t.co/x6SPXL453R
— Anna Colin Lebedev (@colinlebedev) May 1, 2022
Des produits à bas prix (volés ?) en provenance de la région de Kherson, l’une des régions les plus agricoles d’Ukraine, sont vendus en Crimée. « Une excellente qualité et des prix très bas », commente, satisfaite, la chef de l’admin. locale. 11/18https://t.co/HaeTSSGL6J
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