on peut trouver ça « flatteur » ou « très agréable » d’être complimentée ou draguée dans la rue ; on peut croire être juste sympa et « séducteur » en faisant un compliment à une inconnue dans la rue. L’astuce c’est précisément qu’on le perçoit comme ça car c’est inscrit en nous⬇️
— Charles Gros (@CharlesGros76) June 20, 2022
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dès le plus jeune âge, grâce à l’éducation. Et pas la peine d’aller engueuler vos parents, souvenez-vous simplement qu’ils ont eu aussi des parents, qu’ils vivent comme vous en société. ⬇️
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Si vous êtes encore là, suivez moi, et relisons ensemble Simone de Beauvoir, un texte que je fais souvent lire aux élèves de terminale : pic.twitter.com/ILW68fJ7aI
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Vous avez dès 1949, l’explication de l’argument « ça va, si on le dit gentiment et pour faire un compliment, ça passe ». Ça ne passe que parce qu’on part du principe, lorsqu’on est un homme, qu’il est normal de porter un jugement de valeur sur une femme dans l’espace public ⬇️
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et qu’elle doit être flattée puisqu’elle existe essentiellement afin d’être un objet de désir. Il suffit d’avoir été une femme ou même d’avoir eu des enfants pour savoir que tout ça se met en place dès la socialisation primaire. ⬇️
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« L’immense chance du garçon » c’est que son éducation coïncide avec l’affirmation (virile) presque illimitée de soi dans l’espace public. Cela le place d’emblée du bon côté des rapports de force en société. ⬇️
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Voilà pourquoi on s’indigne lorsqu’une femme ose dire « foutez-nous la paix, ne nous parlez pas ». On fait alors comme s’il y avait symétrie des positions et on lui répond : « ça va, on peut aussi faire un compliment ou vous demandez l’heure ». ⬇️
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Mais complimentez une femme qu’on ne connait pas dans la rue, c’est rappeler les rapports de forces qui existent toujours déjà et conditionnent très largement les interactions entre les genres. ⬇️
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On comprend aussi pourquoi les milliers de témoignages sur Twitter et ailleurs convergent majoritairement vers le même dénouement : ce qui était un « compliment », quand on lui répond poliment se transforme en harcèlement et, si on lui oppose un refus, devient une agression ⬇️
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Car derrière un compliment dans l’espace public il se joue toujours plus, c’est l’affirmation d’un pouvoir et un pouvoir n’aime pas être contrarié dans son exercice même s’il affiche les meilleures intentions. ⬇️
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