Féminisme

Pourquoi les hommes ne peuvent pas se retenir de pisser dans la rue ?

Par Maxime 21/01/2026

Un problème d'homme résolu par une solution d'homme.

Une vidéo d'uritrottoirs installés à Toulouse fait polémique. Si la solution est présentée comme écologique, elle suscite surtout la colère de nombreuses femmes. Et se présente comme un symbole du patriarcat ordinaire.

Les uritrottoirs toulousains :

Qui n’a jamais dû détourner la tête en voyant un homme faire pipi sur un mur ? Ou se cacher le nez devant l’odeur d’urine présente dans plusieurs coins de rues ? La solution miracle existe : un uritrottoir. Comme son nom chantant l’indique, il s’agit d’un urinoir public. Sauf que celui-ci est en plus écologique. Comme l’explique le site Le 24 heures qui y a consacré une vidéo.
 

Exemple d’un uritrottoir ici à Nantes.

 
Dans ces urinoirs secs, l’urine est collectée dans un réservoir contenant de la paille ou d’autres matières sèches qui neutralisent les odeurs d’ammoniac. Une fois plein, le contenu est collecté puis valorisé en engrais. Testés en 2019, ces uritrottoirs ont séduit la métropole toulousaine qui en a fait installer 17, le record en France (Toulouse devient de ce fait donc la ville du rugby et des uritrottoirs).
 

Faute de mieux :

Cette vidéo, partagée sur Twitter, a aussitôt été critiquée. Car il est strictement défendu d’uriner dans la rue. Comme le dit le Code pénal (☝️🤓), il est interdit de: “déposer, d’abandonner, de jeter ou de déverser, en lieu public ou privé […] des ordures, déchets, déjections, matériaux, liquides insalubres ou tout autre objet de quelque nature qu’il soit, y compris en urinant sur la voie publique”. La sanction est même passée de 35 euros à 135 euros en 2020. De ce fait, les uritrottoirs ne questionnent pas la pratique mais l’institutionnalisent. Le problème de fond est déplacé, plutôt que résolu. Il est même réenchanté en solution écologique.
 
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Un double discours :

Ce qui irrite fortement les internautes, c’est que cela montre une claire différence de traitement entre hommes et femmes. Les femmes doivent chercher des toilettes publiques ou des cafés pour se soulager. Elles doivent anticiper, planifier, voire se restreindre de boire. Contrairement aux hommes qui ont la totale liberté de se laisser aller. Une nouvelle preuve que l’espace public est pensé pour le corps masculin (les skateparks, poches de masculin, en sont un autre exemple).
 
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La saleté tolérée chez les hommes :

Un homme qui urine dans l’espace public, c’est catalogué comme “beauf”… mais c’est toléré. Une femme qui le ferait, c’est tout simplement impensable et aussitôt jugé. Cela montre bien la socialisation genrée à la propreté. En 2020, une enquête d’hygiène montrait qu’un tiers des hommes ne se lavent pas les mains après être allés aux toilettes, et un quart ne changent pas de sous-vêtements quotidiennement. Ne parlons même pas du fait que les hommes ne s’essuient quasiment jamais après avoir fait pipi.
 
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Le problème de l’alcool :

Dans la majorité des cas, si l’envie est si urgente, c’est qu’elle est liée à l’ingurgitation d’alcool. Ce n’est pas pour rien que la majorité des uritrottoirs sont disposés près des bars. Là encore, c’est un problème essentiellement masculin. Les hommes boivent beaucoup plus que les femmes. Généralement, il s’agit de bières, qui ont un effet diurétique, exacerbant l’envie d’uriner. Pourtant, cela n’empêche pas les hommes de boire massivement, sans se questionner sur l’accès aux toilettes.
 

Toilettes partout, hommes nulle part :

Les solutions sont pourtant multiples. Vous avez évidemment la possibilité de vous rendre dans un café (même si le commerçant peut vous en refuser l’accès si vous ne consommez pas). Sinon, vous avez les toilettes publiques, assez facilement trouvables, que ce soit sur Google Maps, des sites dédiés ou plusieurs applications. Pour cela, il faut faire un effort. Effort que font les femmes qui sont déjà éduquées à la propreté et au respect de l’espace commun. Les comportements masculins, eux, doivent changer.
 
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Pour conclure :

Si la vidéo est devenue virale, ce n’est pas seulement dû aux uritrottoirs. C’est un débat sur le pouvoir masculin, car le patriarcat passe aussi par des gestes banals. Et éduquer les hommes à la propreté et au respect, dès l’enfance, reste une nécessité politique.
 
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Bonus :

La sélection féministe de la semaine :
 
Capture d’écran d’un tweet de Claradrôle (@Clar_roche). L’autrice compare son profil (femme, thésée, 7 ans d’expérience en officine) à celui de son collègue (homme, non thésé, 1 an d’expérience). Elle souligne, avec une pointe d'ironie, que les patients demandent systématiquement l'homme lorsqu'ils cherchent « un pharmacien ».

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