Il fait froid et humide, la combinaison parfaite pour communier sous les étoiles autour d’une cigarette. Oleksander est inquiet parce que tout est calme. Pas de blessé aujourd’hui, pas de blessé la veille.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) February 24, 2022
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Voilà quatre jours, des obus de mortiers tombés juste à côté, tuant un homme, en blessant un autre. Depuis, plus rien. Et ce silence ne dit rien de bon à Oleksander. A personne à vrai dire. Maks nous rejoint. Il connaît bien ce poste. Il est photographe avant d'être chauffeur.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) February 24, 2022
On longe avec lui les bâtiments désaffectés, puis il s’arrête net. On ne peut pas aller plus loin sans risquer gros. La ligne séparatiste est juste là, à deux terrains de foot. Il sait exactement où parce qu'ils ont tiré avec des balles traçantes hier.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) February 24, 2022
Une brume s’élève juste au-dessus de ce dégradé de gris, entres les bâtiments déserts aux fenêtres crevées et les arbres nus, et ça donne au tableau un air de fin du monde. Assez raccord avec l'ambiance.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) February 24, 2022
Ça commence jamais comme on l'imagine. Hier, en fin de journée, on traverse les paysages mornes du Donbass, les cheminées des usines d’Adviivka crachent une fumée acre, l’air pue le plastique brûlé, les bagnoles sont rares, les villages ont les pieds dans la boue. C’est lunaire.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) February 24, 2022
On rentre se coucher dans le capharnaüm qui fait office de chambre. On plaque les gilets contre les fenêtres. On ne dort pas avant longtemps. On écoute tous les bruits dehors. Départ de mortier ? Arrivée ?
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) February 24, 2022
On arrive de Kiev qu’on a quittée le matin même après beaucoup d’hésitations et de savants calculs : Poutine va prendre le Donbass, quand même pas tout le pays. Bien vu. On arrive donc en banlieue de Donestk avec l’idée d’être là où il faut être. L'assaut va être donné ici.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) February 24, 2022
Vers 7 heures, on se réveille, on boit un café normalement imbuvable et puis la nouvelle tombe. Kiev a été frappée. Oleksander est sonné un instant. Il répète juste trois fois "Poutine" en secouant la tête.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) February 24, 2022
Mais de Gaulle ne peut pas dire « je déteste les partis, mais je vais quand même leur laisser le boulot de filtrer ». Alors on met en place un proxy, c'est-à-dire une manière détournée d'obtenir le même résultat.
— François Malaussena (@malopedia) February 23, 2022