“Tu viens d’où ?” : la question raciste préférée de ceux qui se croient polis
La question paraît banale, presque aimable. Pourtant, “tu viens d’où ?” ne tombe jamais au hasard. Derrière cette curiosité supposée se cache un mécanisme ancien. Le racisme ordinaire agit sans insultes. Il classe, il assigne, puis il exclut, tout en se prétendant innocent.
“Tu viens d’où ?” : une porte d’entrée vers le racisme ordinaire
À première vue, la question semble anodine. Pourtant, elle ne vise pas tout le monde. Jamais posée aux personnes perçues comme blanches, elle cible des corps racisés. Ainsi, elle suggère une anomalie. La présence devient suspecte. Le racisme ordinaire opère alors discrètement. Il transforme une interaction sociale en contrôle identitaire. Derrière l’apparente curiosité, une hiérarchie s’impose. La nationalité légale ne suffit jamais. Il faut prouver une légitimité supplémentaire. La question impose une frontière symbolique. Elle rappelle que l’appartenance reste conditionnelle.
Racisme ordinaire et obsession des origines
La question ne cherche pas une information neutre. Elle exige une origine “vraie”, souvent exotique. Répondre “d’ici” ne satisfait jamais. Un complément devient obligatoire. Ainsi, le racisme ordinaire refuse la simplicité. Il transforme l’identité en enquête permanente. L’histoire familiale devient un justificatif. La personne interrogée perd le contrôle du récit. Son existence se réduit à ses racines supposées. Cette obsession fige les individus. Elle empêche toute projection commune. Elle renvoie constamment à un ailleurs imposé.
Pourquoi la question n’est jamais posée par hasard
Le racisme ordinaire fonctionne par automatisme. Il s’appuie sur des stéréotypes appris très tôt. La couleur de peau déclenche la suspicion. L’accent, le prénom ou les cheveux renforcent l’idée. Ainsi, la question surgit sans réflexion consciente. Pourtant, ses effets restent violents. Elle rappelle une position subalterne. Elle produit une fatigue sociale durable. Chaque répétition ravive la même blessure. La banalité devient alors une arme.
“Tu viens d’où ?” ou l’art de ne jamais être d’ici
À force d’être répétée, la question enferme. Elle installe une assignation permanente. L’individu devient étranger à vie. Même né ici, il reste “venu d’ailleurs”. Le racisme ordinaire construit cette illusion. Il empêche l’égalité symbolique. La citoyenneté se hiérarchise. Certains appartiennent naturellement. D’autres doivent s’expliquer sans cesse. Cette mécanique isole et fragilise. Elle produit un sentiment d’exclusion constant.
Comment répondre sans se justifier
Face à cette question, plusieurs stratégies existent. Certaines personnes répondent frontalement. D’autres choisissent l’ironie. Dire “d’ici” suffit parfois à déplacer le malaise. Refuser de détailler devient un acte politique. Le racisme ordinaire recule quand il est nommé. Poser une question en retour peut inverser le rapport. “Pourquoi tu demandes ?” déstabilise souvent. L’essentiel reste de ne rien devoir. Aucune origine n’exige justification.
Désapprendre le racisme ordinaire
“Tu viens d’où ?” n’est pas une simple phrase. Elle révèle un imaginaire profondément ancré. Le combattre demande une vigilance collective. Changer les habitudes devient nécessaire. L’appartenance ne se négocie pas. Elle se reconnaît. Tant que cette question persistera, l’égalité restera incomplète.
À lire aussi :
L’ICE, juste une violente police de l’immigration ? C’est bien pire que ça !:

Commentaires 0
Rédigez votre commentaire