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Racisme colonial : l’exil organisé du Bumidom

Par Parlons Large 13/01/2026

Retour sur une politique publique aux conséquences humaines durables

Le Bumidom déplace des milliers d’ultramarins sous prétexte de développement économique. Ce dispositif recycle l’imaginaire colonial en présentant l’exil forcé comme une opportunité. Au lieu d’émanciper, l’État déracine, exploite, et renforce des hiérarchies raciales. Face à ce racisme colonial, il faut nommer les torts, soutenir les victimes, et exiger réparation.

Bumidom : solution de développement ou racisme colonial d’État ?

 

En 1963, Michel Debré crée le Bumidom pour diriger la jeunesse ultramarine vers la France hexagonale. Il prétend résoudre la surpopulation et le chômage dans les îles, tout en fournissant de la main-d’œuvre à l’Hexagone. Ainsi, près de 70 000 Antillais et Réunionnais migrent via ce dispositif jusqu’en 1981. Cependant, cette politique sert également à affaiblir les mouvements indépendantistes locaux et à perpétuer une tutelle post-coloniale. L’État organise cet exode de citoyens français comme s’il s’agissait d’une mission civilisatrice, en niant l’égalité de leurs droits.

 

Conséquences humaines : vie métropolitaine et discriminations

 

Une fois en métropole, les migrants ultramarins déchantent souvent face à la réalité. Beaucoup occupent des postes subalternes, mal payés et pénibles, par exemple dans les hôpitaux ou comme employés de maison. Ils subissent un racisme ordinaire qui les renvoie à une condition de citoyens de seconde zone. En effet, ces Français d’outre-mer se heurtent aux mêmes préjugés que les immigrés, malgré leur citoyenneté. De plus, l’administration les disperse sur tout le territoire, jusque dans des campagnes reculées, pour éviter toute communauté visible.

 

Enfants de la Creuse : une déportation coloniale révélée

 

Le Bumidom orchestre aussi le transfert forcé de mineurs réunionnais vers la France hexagonale. Entre 1963 et 1982, environ 2 000 enfants sont arrachés à leurs familles sous couvert d’adoption ou d’éducation. Beaucoup se retrouvent dans la Creuse et d’autres départements ruraux, sans suivi et parfois exploités comme main-d’œuvre agricole. Ce scandale, connu sous le nom des « enfants de la Creuse », reste longtemps occulté par les autorités. En janvier 2002, une victime exilée en 1966 porte plainte pour enlèvement, brisant ainsi le silence. Cette tragédie met la France face à sa barbarie coloniale et à la hiérarchie raciale imposée aux ultramarins.

 

Héritage du Bumidom : un racisme colonial à reconnaître

 

Des historiens et artistes ultramarins brisent le silence autour du Bumidom. Chansons, romans et films témoignent de la douleur de l’exil et dénoncent l’injustice subie. On y lit l’écart cruel entre les promesses d’avenir radieux et la réalité de l’humiliation en métropole. Pourtant, ce chapitre sombre reste largement absent des manuels et des musées officiels. La République hésite à assumer ce racisme d’État, car l’admettre ébranlerait le mythe de l’égalité républicaine.

 

Réparations demandées : de la mémoire à la justice

 

Face à la pression des victimes, l’État commence à reconnaître ses torts. En 2014, le Parlement adopte une résolution portée par Ericka Bareigts. Cette motion reconnaît la « responsabilité morale » de la France dans ces exils forcés. En 2017, le Président Macron qualifie cette politique de « faute » qui a brisé des vies. Cependant, il n’annonce aucune mesure concrète de réparation. Les victimes attendent toujours des excuses officielles et des compensations pour le préjudice subi. En 2025, la députée Karine Lebon dépose une proposition de loi inédite. Ce texte réclame une reconnaissance officielle des préjudices subis et l’instauration de réparations pour les ex-enfants de la Creus}.

 

Refuser le racisme colonial, réparer l’injustice du Bumidom

 

Le Bumidom incarne un racisme colonial institutionnel sous couvert de progrès social. Il a dépossédé les outre-mer de leur jeunesse, laissant des plaies démographiques et morales durables. Aujourd’hui, dénoncer cet héritage permet de redonner une voix aux oubliés de l’Hexagone. Soutenir les anciens migrants et leurs familles est indispensable pour briser le continuum colonial. Enfin, exiger des réparations et des excuses officielles n’est pas seulement symbolique. C’est reconnaître l’égalité due à tous les citoyens.

 

Images supplémentaires : archives et références

 

@culturedoree

Qu’est ce que le #bumidom ? #Culturedoree #CapCut

♬ 街舞律动 – 陈别林


 

 

 

 

 

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