Faut-il obligatoirement déjeuner avec vos collègues ?
Le débat Twitter du jour concerne les pauses repas : à prendre seul ou avec ses collègues ?
Tout est parti d'un Tiktok montrant une jeune fille expliquant hilare qu'elle ne déjeune pas avec ses collègues car elle fait partie de la génération Z. Le débat s'est évidemment vite enflammé.
Le clash des générations :
La génération Z adopte aujourd’hui une relation au travail très différente de celle de ses aînés. En effet, elle observe que beaucoup de salariés plus âgés ne s’épanouissent pas dans leur emploi et subissent une pression continue. Par conséquent, elle choisit de protéger sa vie personnelle de manière prioritaire. Cette génération sait également qu’elle n’aura pas de carrière linéaire et qu’elle devra enchaîner plusieurs emplois. Et elle refuse de sacrifier son bien-être pour une entreprise qui ne garantit pas la stabilité.
Cette vision provoque souvent des incompréhensions entre les générations. Les millennials comprennent généralement cette attitude, car ils ont vécu la précarité et les crises économiques. Toutefois, les boomers perçoivent parfois cette posture comme un manque d’engagement et un refus de l’effort collectif. Dès lors, des tensions apparaissent rapidement au sein des équipes. La génération Z accomplit ses missions, respecte ses horaires et quitte le travail sans culpabilité. De plus, elle considère le temps personnel comme un espace inviolable.
La pause déjeuner devient alors un moment qu’elle souhaite préserver. Beaucoup de jeunes salariés préfèrent se retrouver seuls pour récupérer de leur matinée. Pour discuter avec des amis au téléphone, écouter de la musique ou regarder une vidéo, simplement pour se recentrer. Cette séparation nette entre vie professionnelle et vie personnelle s’impose comme une règle essentielle pour leur équilibre. Les collègues sont perçus comme des acteurs du monde du travail et non comme des amis obligatoires.
1.
J’ai une take de comptoir comme quoi le fait de revendiquer « Je mange pas avec mes collègues » démontre l’incapacité d’une bonne partie de la gen z à créer du lien collectif, ce qui est plutôt logique puisque c sûrement la génération la + individualiste n’ayant jamais existé
— LaFossette (@vinzytupenaves) November 26, 2025
2.
J'ai toujours dit que ma take la plus woke c'est que la Gen Z est anti syndicaliste parce qu'ils pensent que la mettre à l'envers à leur patron c'est juste partie à l'heure au lieu de se rassembler avec ses collègues et vous syndiquer pour améliorer vos conditions de travail https://t.co/21uL24sYzl
— 7 janvier 2025 à 12h00 🎉 (@Zuttizutto) November 26, 2025
3.
Bah si tu veux la démonter… Ne pas déjeuner avec les collègues ça peut aussi dire que leur vie en société ne tourne plus autour du monde du travail.
Idem concernant les luttes sociales on se levait pas le matin pour remplir les caisses de la sécu non plus.— Haroun scred connex' (@HAROUN_SCRED) November 26, 2025
4.
Après pr faire un peu l’avocat du diable, les collègues en questions qui sont prêt à te jeter en pâture au boss au moindre petit écart, qui détruisent ton matériel par jalousie, les messes basses et tout MDRRRRRRRR va créer une union dans un merdier pareil avec d meritocrates
— KLR (@KLRski) November 26, 2025
5.
Mais qui se syndique dans un taf que tu vas garder 6 mois ?
— 🇵🇸🏴☠️ (@jhts94) November 26, 2025
6.
Ca montre surtout que la gen Z en a marre de faire semblant et d'être hypocrite. Le midi tout le monde n'a pas envie de continuer à parler boulot pdt 1h, ni d'écouter son patron se plaindre de sa femme et ses enfants. Parfois on veut être tranquille, et se poser devant une série.
— ✨️Vanille✨️ (@Dear_Vanille) November 27, 2025
7.
Moi je pense que ça n’a rien à voir avec la Gen Z, mais les personnes racisées en ont ras le cul de déjeuner avec des gens qui ont des takes racistes/mysogynes à midi sous couvert de blagues https://t.co/Lx3BR0WNx1
— Zulu 2 Fois (@Double_Zulu) November 26, 2025
Les mauvais comportements :
Les collègues restent des humains et certains sont difficilement fréquentables. Sur Twitter, les témoignages de repas volés au bureau sont un running gag depuis des années. Plusieurs salariés expliquent qu’ils apportent leur tupperware (ou leur “gamelle”), qu’ils le déposent dans le frigo collectif puis qu’ils le retrouvent vide ou partiellement mangé. Cette situation génère une perte de confiance importante envers les collègues. Cependant, elle donne aussi lieu à des tweets ironiques et à de véritables mini-enquêtes humoristiques. Des employés racontent qu’ils observent le frigo, surveillent les allées et venues ou posent des pièges en mettant du piment ou du laxatif dans le repas pour identifier le « voleur ».
8.
On a mangé mon repas au travail, je suis sur le cul.💀Je cherche dans les frigo, j’le trouve pas et quand je me retourne… je vois l’emballage dans la poubelle. pic.twitter.com/74h9saMDI0
— Banana (@enfantdu_s0leil) July 27, 2021
9.
L'année dernière un collègue il a tapé dans les tupperware de TOUT LE MONDE au lycée !!! Carrément il prenait des crocs et il remettait. Ou t'ouvrais ta boîte et elle était vide et sale. Chq jour il choisissait sa victime en fonction du menu ds le frigo de la salle des profs 💀
— Sophie Map Tu Lu (@Asiatitude) August 2, 2021
10.
C’est arrivé plusieurs fois à mon travail, et après une petite enquête, on s’est rendu compte que c’était un collègue sans domicile qui dormait aussi dans les vestiaires lorsqu’il avait fini ses heures… 💔💔 https://t.co/lgVNeQwbN5
— Sofia S (@ssal7506) November 24, 2025
Vers un plus grand individualisme
Ces anecdotes reflètent un malaise plus profond. La société actuelle valorise l’individualisme, ce qui renforce la tendance à se replier sur soi. De surcroît, la pandémie de covid a accentué cette dynamique. Beaucoup de jeunes restent en mode survie et n’ont pas retrouvé leurs habitudes sociales d’avant. Progressivement, elles perdent l’envie ou la capacité de créer spontanément du lien au travail. Pour cette raison, l’idée de déjeuner en groupe semble parfois lourde ou fatigante.
Dans ce contexte, la convivialité professionnelle devient plus difficile à construire. Plusieurs salariés se sentent dépassés par les interactions sociales imposées. Le déjeuner collectif peut alors créer du stress plutôt que de renforcer l’esprit d’équipe. Néanmoins, cette distance prolongée risque aussi d’accentuer l’isolement. Le travail demeure un lieu où la solidarité peut offrir un soutien précieux. Les échanges entre collègues permettent de mieux comprendre les conditions de travail réelles. Ils encouragent aussi l’entraide face aux difficultés quotidiennes.
11.
J'ai toujours fait des pauses déj avec mes collègues sur tous mes lieux de travail. C'est comme ça qu'on se soude. Si l'environnement est mauvais c'est à ce moment que les langues se délient. Ça rend l'afterwork possible. Je regarde en bizarre les gens qui l'esquivent 5j/5.
— Ottavio 🔩 (@MarekaDoBrasil) November 26, 2025
12.
moi je crois que le génération la plus individualiste c'est plutôt celle qui a banalisé le culte de la performance et a fait du travail une identité
plutôt que celle qui cherche à réparer ce système https://t.co/y4PDNRjaqs— laura₊˚⊹ᰔ (@qahycii) November 27, 2025
13.
« Génération la plus individualiste » alors que les boomers sont juste là https://t.co/3m4RFQKbx8pic.twitter.com/Hdx43DOI9C
— k-jackpot 🆓🍉 (@kj4ckp0t) November 26, 2025
Pour conclure :
Comme souvent sur Twitter, le débat est complexe et ne peut être résolu par une réponse simple. La solidarité collective représente un moyen essentiel pour améliorer les environnements professionnels. Les salariés peuvent se soutenir, défendre leurs droits et, si nécessaire, se syndiquer. Le changement profond ne naît pas de l’isolement, mais de l’union. Mais le problème de fond reste cette société capitaliste qui nous oblige à faire société non pas par empathie mais uniquement pour être plus productif derrière. Et c’est cette vision, et non pas tant le fait de discuter avec ses collègues, qui est vivement critiquée.
14.
Chui partagée entre
– il faut construire du capital social avec ses collègues ne serait ce que pour construire de la connivence contre les patrons
Et
-vas-y j'ai le droit que a une heure a moi autant que j'en profite pour faire des trucs qui me plaisent a moi— la meuf des ratons laveurs là (v spammer dsl) (@Turbo_Dimitri) November 26, 2025
15.
En fait il faut comprendre que si tu veux faire chier ton patron tu noues tes liens sociaux pendant ton temps de travail. C'est comme faire caca, c'est toujours plus rigolo quand c'est le patron qui paye.
— Snakier (@SnakierRF) November 26, 2025
16.
contre uno de take de comptoir mais le déjeuner avec les collègues c'est pas un réel moment de sociabilisation et de lien collectif, c'est littéralement 1h de pause (souvent chronométré) où on sors la tête du système et y a donc aucun mal à vouloir le passer seul, c'est même sain https://t.co/Y8HxMVZhkC
— bowb (@clubbdell) November 26, 2025
17.
on est individualiste à cause du capitalisme qui est favorisé par le fait de s’impliquer corps et âme dans son taf (donc le fait de bouffer avec ses collègues alors qu’en vrai tu fais ce que tu veux)
— user s (@user817318p) November 27, 2025

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