"Étant donné qu’ils ont ignoré l’appel à obéir à Dieu, le raisonnement semble être qu’il n’y a aucune sympathie à avoir pour tous ces hommes, femmes, enfants et animaux qui resteront de l’autre côté de la porte de l’arche. Ils ont eu ce qu’ils méritaient."
— Joan Stavo-Debauge (@jostavodebauge.bsky.social)2025-04-19T16:16:08.827Z
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Comme on le voit, les déclarations de foi du créationnisme ne sont pas seulement scientifiquement farfelues, elles sont surtout d'une dangereuse immoralité – de proportion biblique – et alimentent autant qu'elles normalisent et légitiment une considérable violence.
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Les gens se demandent souvent comment les évangéliques américains peuvent faire montre d'une telle indifférence à la souffrance des plus vulnérables et soutenir les politiques de l'administration Trump, malgré le christianisme dont ils disent être les plus authentiques représentants.
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Ne pas le comprendre, c'est oublier que l'assomption de la violence vengeresse se loge au coeur de plusieurs éléments de leur credo, et notamment dans le créationnisme dit "Young Earth", position la plus répandue chez les évangéliques américains.
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Selon cette position, la terre est jeune (environ 6000 ans), chaque espèce est une création distincte de Dieu, l'événement du Déluge global ne n'est pas un mythe, mais un fait historique avéré, tout comme Noé n'est pas un personnage de fiction mais l'authentique constructeur de l'Arche.
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Sous une apparence qui nous semble farfelue, voire enfantine, si ce n'est infantile, cette idée que le Déluge de l’Ancien Testament n'est pas un mythe accompagne autant qu'elle normalise la menace d'une violence divine non seulement colossale mais aussi proprement génocidaire et zoocidaire.
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En effet, au nom de l’inerrance de la Bible (l'idée qu'elle dit vrai sur tout et que Genèse est donc un compte-rendu factuel de l'histoire du monde), de tels croyants en viennent à devoir se réjouir du Déluge, qui est appréhendé comme l'expression d’une juste et saine colère de Dieu.
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Dans le cadre herméneutique et théologique qui est le leur, ils doivent ainsi admettre que Dieu a éradiqué à raison toute trace de vie humaine et animale sur terre (à l’exception de Noé et des occupants de son arche).
— Joan Stavo-Debauge (@jostavodebauge.bsky.social)2025-04-19T16:16:08.820Z
Juste et saine colère qui n'est pas définitivement échue et qui va même bientôt se réitérer et sera suivi des mêmes effets, à moins que les mécréants n'embrassent la foi que les partisans de ce créationnisme font valoir, en reconnaissant avec eux la seigneurie de Jésus Christ.
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Dans leur ethnographie du Creation Museum, "institution mainstream de la Droite Chrétienne", Susan L. Trollinger et William Vance Trollinger le documentent très bien, le message de ce créationnisme est des plus clairs :
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