J'ai vu plus de décès en 2 semaines qu'en une année d'exercice. Des personnes qu'il a fallu mettre dans des housses, sans toilette mortuaire, sans famille pour accompagner. Des personnes dont les proches n'auront jamais eu la possibilité de visites et d'accompagnement.
— salegosse (@claralohomora) September 6, 2020
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On a tranquillement fait nos tours. Tout avait été anticipé. On était en sur effectif, 9 infirmiers au lieu de 7, 15 lits de réanimation supplémentaires, des soins continus aménagés pour accueillir des patients de réa. On se sentait prêts.
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Aujourd'hui, on demande aux gens de respecter la distanciation physique, et de porter des masques. Alors oui, c'est chiant, ça tient chaud, mais en comparaison de tout ce qui s'est passé, de toutes ces choses qu'on a pu voir, c'est peu.
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Et puis, à 10h, un premier patient est arrivé. La cinquantaine, en détresse respiratoire aiguë. Puis un deuxième. Puis un troisième, en l'espace d'une heure. Et ca ne s'est plus arrêté. Les patients arrivaient, la plupart avec déjà des symptômes de détresse respiratoire.
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Si nous sommes amenés a recommencer ces semaines d'angoisse, on recommencera. Mais pour être tout a fait honnête avec vous, j'aimerais ne pas avoir a revivre ça une deuxième fois. Alors portez vos masques. Respectez la distanciation. Et si vous en doutez, pensez que derrière
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fois, on a beau avoir tous les effectifs du monde, ca n'est pas suffisant. Les normes d'hygiène changeaient d'une heure a l'autre :
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Changer de tenue entre chaque patient, puis non parce qu'on en aurait pas assez, réutiliser les masques FFP2 pour ne pas manquer.
Ces chiffres d'hospitalisation, de décès, il y avait des vraies personnes, avec une vie, une famille, et des soignants qui ont du apprendre a gérer des situations pour lesquelles on n'est jamais vraiment tout a fait prêts.
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Si vous n'êtes pas à risque, pensez aux autres.
On était dans cette ambiance anxiogène de l'inconnu, où l'on ne connaissait pas bien l'adversaire, et où on ne savait pas à quoi on s'exposait. Certaines de mes collègues étaient en stress dépassé, à répéter qu'on allait tous mourir.
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Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que la plupart du temps, on a le temps pour gérer les detresses vitales. Les patients se dégradent progressivement, sur un temps suffisament long, pour qu'on puisse passer d'un masque haute concentration à l'optiflow, avant de se dire
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'il est temps d'intuber'. Là, c'était différent. Je n'ai que trois années d'expérience en réanimation, mais une dégradation aussi insidieuse, c'était nouveau. On a été confrontés à des patients cliniquement stables, aux lunettes a 02, qui se sont mis a se degrader,
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