J’ai 22 ans, 22 petites années, j’accompagne la vie mais surtout la mort depuis quelque mois, avec des choix qui s’imposent, limiter des patients « trop vieux », c’est la « crise » à l’hôpital, devoir accepter d’en sauver un plutôt que l’autre, l’âge donnant une valeur à une vie.
— ☤ (@meliear) October 23, 2020
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C’est épuisant, psychologiquement c’est épuisant … j’en suis arrivée à un point de fatigue où hier en enfilant ma surblouse pour rentrer chez un COVID, j’ai eu les larmes aux yeux de fatigue, cette sensation de ne plus aimer ce que je fais..
— ☤ (@meliear) October 23, 2020
« On manque de personnel revenez » « on manque de matos faites attention! » « attention attention ATTENTION »
— ☤ (@meliear) October 23, 2020
On ne réfléchit même plus, on s’exécute, on se sent abandonnés, pas soutenus.
Chaque veille de boulot j’ai la boule au ventre, je n’ai plus envie, je suis si fatiguée
Le Covid c’est aussi avoir une situation d’extrême urgence, où le temps que tu t’habille pour rentrer dans le box, et bien c’est trop tard, mais si tu ne te protèges pas tu mets ta famille et toi même en danger,
— ☤ (@meliear) October 23, 2020
Dans ta tête t’es jamais tranquille, tu réfléchis en continu.
Je suis infirmière en réanimation, j’ai 22 ans, et le covid m’a complètement écœuré de mon travail que j’aimais tant, je n’y travaille que depuis un an et demi mais j’ai le droit d’être fatiguée.
— ☤ (@meliear) October 23, 2020
J’ai envie de vous expliquer pourquoi je suis si fatiguée du COVID, de l’hôpital. Pourquoi l’infirmière de réanimation passionnée que j’étais est éteinte, au bout de seulement 1 an et demi.
— ☤ (@meliear) October 23, 2020
Donc voici un court thread.
Ça a commencé en mars, on était pas spécialement préparé à ce qu’on allait vivre, 1 premier cas COVID, puis 2,3 puis une rea pleine à craquer, l’ouverture d’une autre ..
— ☤ (@meliear) October 23, 2020
Rapidement on arrive à 4 patients par infirmière de réa, des DV, avec des amines, ECMO parfois, beaucoup de travail .. on finissait par être des robots et à même plus réfléchir à ce qu’on faisait, on s’habillait, on se dépêchait, on courait
— ☤ (@meliear) October 23, 2020
Un calot, une surblouse, un FFP2 (et encore pas tout le temps…), on rentrait dans ces chambres avec ces patients privés de leur famille, angoissés, qui se dégradait souvent à vitesse grand V, qu’on ne sauvait pas tout le temps.
— ☤ (@meliear) October 23, 2020
Cette crise c’était aussi des choix, des ruptures de matos, de médicaments, des soignants en arrêt, devoir former des infirmières sur le tas en + de ton boulot.
— ☤ (@meliear) October 23, 2020