Chaque marque à sa boîte à outils pour vendre, chaque responsables ses conseils qu'elle distillent "aux filles". Perso : j'étais une machine de guerre, je pouvais vendre tout et n'importe quoi à n'importe qui. Passons. pic.twitter.com/rSmyZIrqda
— Constance Vilanova (@Const_vila) April 6, 2021
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Les conseiller.e.s de vente sont obligé.e.s de vous dire "BONJOUR". Ca s'appelle la politesse. Par ailleurs, les marques utilisent désormais des "clientes mystère" qui travaillent pour l'entreprise, payées à tester le service de la boutique. Ne pas dire "bonjour-han" = blâme.
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On nous apprend ensuite à poser une question fermée (ou la réponse n'est pas oui ou non), ou à inviter au conseil. Mais, vraie conseillère attend une minute trente que la cliente soit entrée. Moi c'était "N'hésitez pas si besoin est, toutes les couleurs de sont pas exposées-han"
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"Mais qu'est-ce que ça change que j'achète ou non" Et bien : tout.
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Chaque vendeuse a un chiffre à faire. Les entrées sont comptées grâce à un capteur qui permet de calculer le T.T, le taux de transformation : c'est-à-dire notre façon de transformer ces entrées en vente. pic.twitter.com/DfEZLn6F84
Il y a aussi l'IV, l'indice de vente : le nombre de pièces vendues à une cliente en moyenne. Un bon IV, c'est 2. C'est pour ça que " Cette robe est vraiment sympa ceinturée" revient souvent et que je vous calais une ceinture à 180 euros à la taille sans vous demander votre avis.
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Ces marques exploitent "la concurrence féminine" créée de toutes pièces par le patriarcat pour que les vendeuses se défoncent. Les chiffres des autres boutiques de la même marque sont diffusés en direct sur l'ordi. La journée commence par un "On va battre rue XX". Ambiance
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Pas de miroir dans les cabines ? Tout simplement pour que vous en sortiez avec les vêtements à l'essai, et qu'une vendeuse vous intercepte et vous conseille. Se mettre derrière vous, réajuster les coutures sur les épaules montre qu'on connaît notre came. C'est désagréable ? Oui.
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Ca marche ? Oh que oui si vous saviez le nombre d'ourlets que j'ai faits à des manches de chemise pour "mettre en confiance ma cliente et lui faire vivre une expérience personnalisée".
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Autres exemples : ne jamais dire "ca vous va bien". Ce n'est pas "objectif", il faut dire "ça vous fait une belle silhouette" (oui, c'est odieux).
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Il faut donner le sac avec le vêtement directement à la cliente en faisant le tour de la caisse et pas par-dessus la caisse.
Tout ça pour vous dire qu'elles n'ont pas le choix, mais alors pas du tout, que ce sont des consignes marketing et qu'un sourire pour celles qui restent debout 8 heures par jour avec interdiction de s'asseoir ça ne serait pas de trop.
— Constance Vilanova (@Const_vila) April 6, 2021