Avec six heures de décalage horaire dans la vue, et un entendement assez embouti, je me rends à l'évidence : je vais louer une voiture et rouler toute la nuit jusqu'à Venise.
— Clément Bénech (@ClementBenech) April 8, 2018
Seulement onze heures de route.
Bien sûr, Clément. pic.twitter.com/V2fwN31m9w
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Trois heures du matin, ou presque. J'arrive devant la gare, qui est fermée. J'espérais bien y piquer un roupillon sur un banc en attendant le premier train. Mais en même temps je crains de m'endormir et de refaire la même bêtise que quelques heures auparavant…
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Le train devait arriver à dix heures et demie. Pendant quatre heures, j'essaie vainement de dormir (je somnole un quart d'heure), je lis un peu.
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Et je n'ai plus une once de batterie. Impossible de prévenir le marié.
Je m'assieds derrière les quatre autres garçons qui attendent qu'on les appelle. Ce sont d'abord les témoins de la femme.
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Viennent les hommes. Le prêtre appelle trois noms, qui se lèvent.
Ne restent que moi et un autre type, que je connaissais un peu.
Je change donc de terminal pour rejoindre l'enseigne des loueurs de voitures.
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… ce qui me fait renoncer à chercher un hôtel.
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Or juste en face de la gare, une sorte de troquet de fin de soirée, qu'on appellerait dans le jargon un bar de raclures, est en train de fermer, bottant le cul aux derniers poivrots.
On m'annonce un retard de dix minutes. Une heure avant l'arrivée, je vais me changer dans les chiottes d'1 m². Boutons de manchette, chaussures en cuir, chemise presque repassée, hop hop, très pratique.
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Le prêtre appelle alors :
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— Clemente…?
Et mon voisin, dont je savais pertinemment qu'il s'appelait Alexandre, de se lever pour répondre au prêtre avec insolence :
— Clément, signore.
Par chance, me précipitant vers un destin hautement douteux, et arrivé à l'autre terminal, je passe devant le bureau de Vueling, compagnie espagnole low-cost bien connue.
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Sachant pertinemment qu'ils ne vont pas à Venise ce soir-là, je repose la question par acquit de conscience.
J'arrive à attraper une dernière bière en bouteille avant la clôture du rideau de fer. Et me mêle à ces "compagnons des mauvais jours" à la Prévert, encore assemblés devant. Ma valise et ma veste de costard me valent curiosité et questions. Je raconte mon histoire.
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