Nous sommes les récipiendaires silencieux, neutres et lisses d'un flot d'informations et d'arguments contradictoires qui doivent, à la fin, emporter notre intime conviction : est-il coupable ou innocent ? Doit-il vivre libre ou emprisonné ? C'est assez vertigineux
— Nel (@archiptere) November 12, 2025
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D’un seul coup, quand la responsabilité de la vie d’un homme nous incombe, quand on a vu ses enfants, les gens qui l’aiment, quand on a entendu le récit de son existence, quand on a vu son regard, on devient beaucoup moins péremptoire.
— Nel (@archiptere) November 12, 2025
Si notre nom sort de nouveau, on est convoqué au tribunal sur une session donnée, parmi plusieurs dizaines d'autres personnes. On peut ensuite être de nouveau tiré au sort pour 1 ou plusieurs procès de la session
— Nel (@archiptere) November 12, 2025
L'audience est suspendue plusieurs fois par jour, pour permettre à tout le monde de souffler. On sort par une petite porte derrière l'estrade, qui donne sur une petite pièce avec une table, des chaises, du café et des snacks, et c'est comme si on changeait de monde
— Nel (@archiptere) November 12, 2025
Je remercie d’ailleurs Badinter, car si ce procès était difficile, je n’imagine pas une seconde ce qu’il aurait été si notre petit groupe de circonstance avait dû décider d’envoyer ou non un homme à la guillotine. Je ne comprends pas comment ça a pu être un jour possible.
— Nel (@archiptere) November 12, 2025
Je me suis donc pointée à 8h30 pétantes au Palais de Justice (pas compliqué j'habite à 200m). Fouille à l'entrée, rassemblement dans la cour comme en classe découverte, et tout le monde entre dans la salle d'audience, où j'ai passé bien 20 minutes à baver en regardant le plafond pic.twitter.com/6hrqyDiB9F
— Nel (@archiptere) November 12, 2025
La solennité s'envole instantanément, les magistrates si graves une seconde plus tôt enlèvent leur robe, sortent des clopes et commencent à se raconter les potins du tribunal, on mange des bonbons, on débrief sur un ton léger, elles racontent des anecdotes de procès passés
— Nel (@archiptere) November 12, 2025
Je me souviens aussi avoir été impressionnée par les moyens mis autour de cet homme et de son geste inconsidéré. Des dizaines de personnes mobilisées, certaines pendant des années, des centaines de pages de procédure, des palais publics…
— Nel (@archiptere) November 12, 2025
C'est un peu comme à la JAPD, il y a toutes les catégories de population imaginables, de l'ingénieur nucléaire à la femme au foyer en passant par le pépé de 85 ans. Tout le monde est un peu intimidé, vaguement inquiet, on se tient très droit en se jetant des regards en coin
— Nel (@archiptere) November 12, 2025
Tout au long du procès notre petit groupe de 8 est très entouré, par les magistrats pendant les audiences et par les greffiers pour s'orienter dans le tribunal, répondre à nos questions, calmer les angoisses, amener café et casse-croûte pour nourrir les neurones en surchauffe
— Nel (@archiptere) November 12, 2025