Habab regarde la mer pour la première fois de sa vie. De l’autre côté des embruns, invisible, le Royaume-Uni. Le jeune homme conduisait des camions en Irak pour 200 dollars par mois, sept jours sur sept. Un éclat de shrapnel lui fait une bosse sur le crâne.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) December 2, 2021
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Il a voulu d’une vie : la sécurité, l’électricité, l’eau, pas de shrapnel. Il vient d’arriver dans la boue gelée du camp de Grande Synthe après trois mois d’odyssée. Quarante jours de prison en Bulgarie. Des camps. Des marches. Des jours noirs. Des nuits blanches.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) December 2, 2021
Le froid, la faim. La promiscuité. Et le vol de toutes ses affaires en Roumanie. Il est heureux d’être ici, presque au bout de sa quête, même s’il n’aime pas l’Angleterre, même s’il préfèrerait rester en France.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) December 2, 2021
Mais il a laissé ses empreintes en Roumanie et s’il dépose une demande d’asile ici, il sera renvoyé là-bas. Dans la cohue des exilés, on sympathise, plus qu’avec les autres, c’est parfois comme ça, un type, un seul, on se renifle, on se jauge et en un clin d’œil, le lien est noué
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) December 2, 2021
Soudain, il me demande de lui montrer la mer. Il vient des montagnes kurdes. Pour s’évader, il a creusé un long tunnel dans le ventre de l’Europe. Il ne connaît pas la Méditerranée. On l’embarque dans la voiture. Il se cache à l’arrière.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) December 2, 2021
On n’a pas le droit de montrer la mer à un type de 30 ans qui n’a jamais vu l’océan. La police peut nous accuser d’être des passeurs. Il est allongé sur la banquette. « Ça va ? » « Oh tu sais je suis resté 7 heures dans cette position en Serbie, alors ça va. » Voilà la Manche.
— Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) December 2, 2021
(…) l'immense île du Groenland 🇬🇱
— Le Traqueur (@_letraqueur_) November 19, 2021
Rendez vous compte, il partit du Togo en 1957 est arriva à destination en 1965, soit 8 ans après !
8 ans de voyage dans le but d'accéder à son unique rêve d'adolescent : Rencontrer les Inuits.
Sur place, les Inuits sont bouche bée. pic.twitter.com/csyOwvauzK
Ils n'ont jamais vu de leur vie un homme à la peau noir.
— Le Traqueur (@_letraqueur_) November 19, 2021
Ce qu'ignorait sûrement Kpomassie, c'est qu'il venait de marquer l'histoire : Il était le premier homme noir à mettre un pied au Groenland.
Cependant, les Inuits le percevaient comme "le diable en personne". pic.twitter.com/xzCBCa3xFr
Les Inuits le voit comme le monstre "Torngarsuk", une légende locale.
— Le Traqueur (@_letraqueur_) November 19, 2021
Mais la personnalité de Kpomassie finit par mettre en confiance les populations et très vite, ils l'adoptèrent car ils comprirent les sacrifices qu'avait fait le togolais pour venir jusqu'à eux. pic.twitter.com/UzkRK1iRLP