Le 11 mars 2011, Hachiya Kazuhiko publie une vidéo sur YouTube afin d'atténuer la gravité de Fukushima. La centrale est représentée par l'adorable Genpatsu-kun. Ses pets sont les accidents, et sa couche, la protection à de plus gros dégâts. L'enfer. https://t.co/6N3NT8czaS
— Lex Tutor (@NunyaFR) July 17, 2022
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Le sens glisse progressivement pour décrire un sentiment d’empathie ou de pitié, puis pour dépeindre les personnes mêmes pour lesquelles ces sentiments sont ressentis – à l'époque, surtout les femmes et les enfants.
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On ne se sent plus kawaii, c'est les autres qui le sont.
Mais le mouvement kawaï va rapidement devoir composer avec trois variables qui vont atténuer sa force contestataire jusqu’à l’éteindre : la contre-offensive réactionnaire masculine, la reconnaissance de son colossal potentiel commercial, et la mollesse de sa rébellion.
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Kyary Pamyu Pamyu, présentée par la BBC comme LE visage du kawaï, fait même la publicité d'un magazine d’emplois précaires. Flexible, on vous dit.
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Elle incarne ainsi une culture désormais au croisement subtile et complexe du néolibéralisme, de l’orientalisme et du nationalisme. pic.twitter.com/FDkx5NO8S5
À l’époque d’Edo (1603–1868), le changement de la représentation des femmes dans un contexte néo-confucianiste va donner à « kawaii » de nouvelles propriétés. L’autre est kawaii parce qu'on a de l'empathie ou de la pitié pour sa fragilité, sa délicatesse, sa sensibilité. pic.twitter.com/3jcUv0q7qB
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Une offensive réactionnaire d’abord, lorsque de nombreux universitaires commencent à s’inquiéter de la décadence du Japon qu'emporterait la culture kawaï. Beaucoup y voient une alinéation d’après-guerre et une perte dans le narcissisme. Le mouvement est critiqué, dénigré, moqué.
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Sa chanson ANAN est édifiante : « défonçons-nous pour travailler dans des jobs précaires », « travaillons pour acheter ce qu'on veut ».
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On ne peut plus clair : soyons des travailleurs flexibles dans le processus de production, et de bons consommateurs.https://t.co/NEUDdTvShM
Au fil du temps, la connotation de pitié s’estompe au profit de l’amour. Vers la fin de l'époque d'Edo, on est kawaii parce qu’on est aimable, ou parce qu'on est adorable.
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Mais si la connotation de pitié s'est estompée, elle n'a pas pour autant disparu.
La reconnaissance de son potentiel commercial ensuite, amenant de nombreuses marques à s'en emparer pour surfer sur ces nouvelles tendances de consommation.
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« Sanrio » crée Hello Kitty en 1974, qui devient rapidement LA mascotte du kawaï. La portée politique passe à la trappe. pic.twitter.com/8ragTbUVOm
Bien sûr, des résistances se font sentir dans le mouvement (avec des formes plus extrêmes comme le kimokawaii, le gurokawaii), ou en dehors (les yamamba et la culture gyaru), mais la machine est désormais bien huilée, à plus forte raison depuis qu’elle s’est internationalisée. pic.twitter.com/2hBA4VQ8Bj
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