Progressivement, les femmes élargissent leur horizon à des domaines monopolisés jusque là par les hommes. Elles font davantage de cinéma, de musique, de théâtre, de roman. C’est l’émergence de la « culture des shoujo », et le Japon connaît un mouvement de libération des femmes. pic.twitter.com/0SlBRFA7Iu
— Lex Tutor (@NunyaFR) July 17, 2022
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Puisque qu’il faut désormais être kawaii toute sa vie – y compris professionnelle – le kawaï a importé les valeurs néolibérales de la société et participe désormais à transformer son éthos selon les valeurs de l’entreprise privée et de l’entreprenariat.
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Grâce à sa flexibilité.
Dictionnarisé en 2018, « kawaï » trône désormais aux côtés de « manga », « tsunami » et autre « emoji ». Mais sa définition masque son origine contestataire et sa spectaculaire récupération par le néolibéralisme japonais.
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🎀 Un thread tout en froufrous et en paillettes 🎀 pic.twitter.com/pwDu14uTwn
De plus en plus de créateurs adoptent puis étoffent le kawaï. Pink House (1973), fondée par d’anciens étudiants révolutionnaires, Milk (1970), Shirley Temple (1974) apportent les froufrous, les styles victorien ou édouardien, dont va émerger le célèbre style Lolita. pic.twitter.com/suI7LFkYZ4
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C'est cette flexibilité qui présente un potentiel marketing et idéologique puissant et lucratif, capable de s’attacher à une variété de qualités et d’affects différents. C'est aussi cette flexibilité qui rend tout plus bénin, plus attrayant, plus sûr à consommer.
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Difficile de parler du mouvement kawaï, sans aborder en amont l'évolution sémantique de l'adjectif « kawaii » (可愛い). Etymologiquement, « kawaii » est la contraction de « kahohayushi » (顔映ゆし), une expression utilisée pour décrire son rougissement, sa gêne ou son embarras.
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Le succès de l’esthétique kawaï est d’autant plus rapide que le consumérisme hédoniste auquel s’adonnent les jeunes Japonaises est aussi vu comme une façon de mettre à mal l'idéal de la bonne épouse-mère, pilier de rigueur morale et de responsabilité.
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Le 11 mars 2011, Hachiya Kazuhiko publie une vidéo sur YouTube afin d'atténuer la gravité de Fukushima. La centrale est représentée par l'adorable Genpatsu-kun. Ses pets sont les accidents, et sa couche, la protection à de plus gros dégâts. L'enfer. https://t.co/6N3NT8czaS
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Le sens glisse progressivement pour décrire un sentiment d’empathie ou de pitié, puis pour dépeindre les personnes mêmes pour lesquelles ces sentiments sont ressentis – à l'époque, surtout les femmes et les enfants.
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On ne se sent plus kawaii, c'est les autres qui le sont.
Mais le mouvement kawaï va rapidement devoir composer avec trois variables qui vont atténuer sa force contestataire jusqu’à l’éteindre : la contre-offensive réactionnaire masculine, la reconnaissance de son colossal potentiel commercial, et la mollesse de sa rébellion.
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