En infantilisant leurs lettres, les jeunes femmes se moquent de la rigueur de l’écriture japonaise en rejetant l’idéal de la bonne épouse-mère en vogue durant la guerre.
— Lex Tutor (@NunyaFR) July 17, 2022
Puisque sortir de l’enfance impose de se plier à une maturité sacrificielle, alors elles n’en sortiront pas.
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La reprise du kawaï passe aussi par sa sexualisation. Le hentaï présente des filles souvent jeunes et innocentes, et les ventes des uniformes scolaires comme fétiches explosent. Les magazines de charme affichent désormais des jeunes filles en chaussettes longues et en uniforme. pic.twitter.com/wEqlbigUM3
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Selon ces mêmes autrices, aucun paradigme post-kawaï ne pourra émerger tant que la structure culturelle et sociale n’aura perdu de son autorité.
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En attendant, le kawaï n’est plus désormais qu’à l’image d’Hello Kitty : sans bouche. pic.twitter.com/mz00DzmAh2
De nombreuses écoles interdisent l’utilisation des lettres rondes. En vain. Rapidement, cette rébellion graphologique va s’accompagner d’un contrôle de plus en plus actif des femmes sur leur propre culture. La Grande-Bretagne a son youthquake, le Japon aura son kawaiiquake. pic.twitter.com/bvQtyBqa7l
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À contrepied de l'imagerie d'avant-guerre, docilité et dépendance envahissent la pornographie masculine et ce dans toute sa noirceur : on estime en 2007 qu’une scène sur trois est une scène d'abus sexuel.
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Le kawaï, à l’origine asexué, devient un moteur de la sexualité masculine.
L'écriture ronde gagne le pays et les uniformes scolaires strictement codés se personnalisent, influencés par l’esthétique « cute » euro-américaine, par les films de Disney jusque là interdits, mais aussi par la folle effervescence artistique de l’époque. pic.twitter.com/LuE3fnisY2
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Il devient aussi progressivement une pression sociale : il faut être kawaii, et le plus longtemps possible. Dans les années 2000, Kuroda Chieko incarne « l’adulte kawaii ». En 1999 le magazine « Sweet » titre : « à 28 ans proclamez être une fille tout le reste de votre vie. » pic.twitter.com/MMw0EkzVT1
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Au cours des années 60, les femmes se réapproprient les shoujo manga, genre à destination du public féminin, aux mains des hommes depuis les années 50. En 1972, la publication de « La Rose de Versailles », inspirée du féminisme de la seconde vague, est un immense succès. pic.twitter.com/tuaIXpEg7h
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À la sortie de Wonder Woman, Warner Bros Japan présente l’héroïne comme une « femme naïve et innocente qui ne connaît rien des hommes et de l’amour ». La bande annonce est narrée par Kotono Mitsuishi (Sailor Moon), la « crème des voix kawaii ».https://t.co/y7KHJeroa2
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La représentation de valeurs révolutionnaires au milieu d’une esthétique baroque dépasse le simple cadre du manga et marque l’esthétisme de toute une génération. Le kawaï devient un mouvement aux influences multiples, au service de la lutte des femmes pour leur émancipation. pic.twitter.com/Gl2VrVyU7w
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