Traumatisé par son expérience au Japon, Joe rentre aux États-Unis en 1946, et entrepose dans une malle des centaines de négatifs personnels – dont celui du jeune garçon et de son petit frère – refusant de les développer. Ils vont y rester quarante-trois ans.
— Lex Tutor (@NunyaFR) September 4, 2022
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En 1989, Joe tombe sur la statue d’un survivant de la bombe atomique dans une église du Kentucky. Se sentant alors investi d’une mission, et encouragé par les mouvements anti-nucléaire aux États-Unis, il décide d'ouvrir la malle et d’exposer ses photos au reste du monde. pic.twitter.com/47EFbpvEfs
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Il organise ainsi des dizaines d'expositions, commence à lutter contre le récit américain du « bombardement nécessaire du Japon », se bat contre la censure de ses photos, interpelle directement le président Truman, et tente (en vain) de retrouver le jeune garçon de la photo. pic.twitter.com/XAWV3l8pyD
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Joe O’Donnell décède le 9 août 2007 des suites d’un accident vasculaire cérébral.
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Deux mois après, en octobre, la photo du jeune garçon et de son petit frère est offerte à Nagasaki, et depuis est exposée au musée de la bombe atomique de la ville. pic.twitter.com/TRs7ms5TCS
C’est également en 2007 qu’on retrouve les premières occurrences de la photo sur Internet, dans une interview du fils de Joe pour le Las Vegas Review Journal. Depuis, la photo est reprise régulièrement, et par effet de passe-parole, développe de tout nouveaux récits.
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Voilà que l’enfant aurait parlé aux soldats autour de lui. Répondant à l’un d’entre eux qui lui aurait conseillé de déposer le bébé qu’il avait sur le dos pour s’alléger, l’enfant aurait répondu : « Il n’est pas lourd, c’est mon frère », menant le soldat à s’effondrer en larmes. pic.twitter.com/N2nA9dOScR
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Cette nouvelle version de l’histoire renforce, il me semble, deux choses : d'abord, sa puissance réflexive, en nous renvoyant aux valeurs de la vie et de la famille, et profitant au passage, aussi, d’une meilleure diffusion sur les réseaux sociaux de par sa nouvelle universalité.
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Et ensuite, il faut le reconnaître, le mythe d’un Japon digne, droit, entier, entièrement dévoué à lui-même. Un mythe aujourd'hui encore ultra-majoritaire, et qui fait le lit de la politique réactionnaire du pays.
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Mais j'y reviendrai dans de futurs threads.🙏
Puisque cette phrase n'a jamais été dite dans ce contexte, je me suis demandé s'il s'agissait d'une pure invention. Après quelques recherches, celle-ci pourrait venir de la légende d'une photo du magazine Ideal, montrant un garçon en portant un autre plus jeune sur le dos.
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À moins qu’elle vienne de l’histoire (1918) d’Howard Loomis, atteint de la polio. En orphelinat, le garçon est porté par ses camarades pour se déplacer. Un jour, le père Flanagan demande au porteur si la tâche n'est pas trop ardue :
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« Il n’est pas lourd, père. C’est mon frère. »