Le Comptwoir du jour

Actualités du samedi 28 février 2026 : le Comptwoir du jour

Par Ptolomus 28/02/2026

Le résumé de l'actualité, vue par les réseaux sociaux.

On revient sur l’inextricable affaire de la prononciation d’Epstein, des accusations d’antisémitisme contre Jean-Luc Mélenchon et des procès d’intention qui passent devant les faits : bienvenue dans ce Comptwoir dédié à l’actualité du samedi 28 février 2026.

LFI et l’antisémitisme : une histoire qui ne date pas d’hier

Ce n’est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon et son parti sont taxés d’être antisémites. En 2024, le chef du parti avait dit “l’antisémitisme reste résiduel en France”, un propos qui le poursuit, à juste titre, depuis. Cela fait des années qu’il cumule les soupçons et la macronie, la droite et l’extrême droite s’en donnent à coeur joie, et cela s’est accentué depuis que le parti dénonce le génocide à Gaza par Israël. Il y a des amalgames régulièrement sur le fait que dénoncer les agissements d’Israël ou ne pas soutenir une politique sioniste, c’est être antisémite. Parallèlement, Mélenchon lutte chaque jour contre les discriminations et dénonce régulièrement les propos documentés et réellement antisémites de l’extrême droite. C’est un non sens d’affirmer que LFI ou Jean-Luc Mélenchon sont antisémites.
 


 

Epstaïn ou Esptine ?

Que s’est-il passé et qu’est-ce qui provoque la colère des médias et des politiques ? C’est une histoire qui nécessite de prendre un peu de temps. Le point de départ est le meeting de Mélenchon qui s’est tenu à Lyon ce 26 février où il a ironisé sur le changement de prononciation des médias sur le nom d’Esptein :
 
L’affaire Epstein ? Ah je voulais dire Epstine pardon, cela fait plus russe. Alors maintenant, vous direz Einstine au lieu d’Einstein, Frankenstine au lieu de Frankenstein.
 
En faisant un lien ironique sur les médias qui voyaient Epstein comme un potentiel agent russe, et, le fait de prononcer “Epstine”, parce que ça sonnerait comme “Poutine” ou “Lénine”, il ouvre la porte du complotisme en appuyant encore sur “les médias vous manipulent”, discours qu’il tient déjà régulièrement sans ironie aucune. Certains y voient une intention antisémite alors qu’il a simplement évoqué la Russie. Cependant, a l’oral, il insiste sur le “aïn” et sur le “ine” pour marquer la différence de prononciation, c’est cette prononciation qui prouverait, selon ses détracteurs, que l’intention était antisémite.

Mélenchon aborde donc ce sujet tout seul et y ajoute une idée complotiste. En tant que cible privilégiée d’accusations d’antisémitisme, peut-être aurait-il pu tout simplement éviter le sujet ?
 


 

L’article du Figaro

Jean-Luc Mélenchon se moquait initialement d’un article du Figaro qui titrait “Ep-chtajn” ou “Ep-stiin” : comment bien prononcer le nom de Jeffrey Epstein ? dans lequel était indiqué que “ine” était la prononciation aux États-Unis et “aïn” la prononciation allemande, que les Français avaient privilégiée.
Le lendemain du discours de Lyon et des accusations faites à Mélenchon, l’article a été modifié pour y intégrer la notion de judéité lorsqu’on prononce “aïn” : “En France, insister sur la terminaison “ein” d’un nom, à la façon yiddish renvoie souvent à la judéité d’une personne”.
 


 

Le problème, c’est vraiment de prononcer “Esptaïn” ?

Oui… et non. La réalité est un peu plus grise. L’usage français est bien de prononcer les noms en “ein” en “aïn”, peu importe s’ils viennent d’Allemagne ou des États-Unis. Il n’y a aucune volonté derrière cette prononciation de renvoyer qui que ce soit à sa judéité. Cependant, il y a effectivement eu des accusations non prises au sérieux disant que prononcer Epstein “Epstaïn” était une volonté manifeste d’afficher sa religion et donc de dire au monde entier que le pire pédocriminel du siècle était Juif. Si cette accusation était bien un non sujet du côté des médias et des autres partis politiques, ça l’était sans doute un peu moins pour Mélenchon qui en était la cible. D’autant plus qu’il est maintenant accusé non pas d’avoir des propos antisémites mais d’avoir l’intention d’être antisémite, certains médias parlent même de dogwistle (signes et symboles discrets pour que les antisémites se reconnaissent entre eux, terme exclusivement réservés à des fascistes). Le virage est très inquiétant.
 


 

Mais pourquoi les médias ont-il fait évoluer leur prononciation ?

Peut-être y a-t-il eu la peur d’être taxés d’antisémites, cependant, il n’y a rien qui le démontre à ce stade. Les raisons invoquées aujourd’hui sont beaucoup plus simples : aux États-Unis, on prononce “Epstine”, l’affaire est états-unienne, les infos viennent des états-unis, donc on adapte avec l’usage le plus courant. Cela reste malgré tout une exception de changer une prononciation en court de route. Par exemple, lors du mouvement MeToo avec Weinstein, le nom était prononcé des deux manières dans les médias et le débat n’a jamais atteint cette ampleur.
 
 

Deux poids deux mesures ?

Pourquoi ne dit-on rien concernant les fascistes présents dans les rangs de l’extrême droite ? La raison est simple : cela ne surprend personne et on est plus à même de passer l’éponge, même lorsque les faits reprochés sont beaucoup plus graves. Il faut admettre que les cas sont quand même très courants du côté du RN. Donc deux poids deux mesures, oui, mais c’est surtout une manifestation claire que collectivement, nous classons le RN comme étant un parti raciste. Cela dit, le manque de traitement sur la montée du fascisme en France a de quoi inquiéter : hommage national à un néonazi, qualifier une marche fasciste de “pacifiste” malgré les slogans racistes et les saluts nazis, etc.
 


 

Mettons tout le monde d’accord

Voici une autre idée intéressante pour clore ce débat ridicule.
 


 

Et sinon les enquêtes avancent ?

Pour ça, il faudrait déjà pouvoir les lancer, ce que le gouvernement refuse de faire. Des décisions incomprises par les Français.
 


 

LFI classée à l’extrême droite

Le Conseil d’État a validé la circulaire de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, classant de la France insoumise à l’extrême gauche. Une première fois pour LFI qui était jusqu’alors classée à gauche. La nouvelle n’a pas plu chez LFI qui dénonce une instrumentalisation du gouvernement pour diaboliser le mouvement. Les raisons invoquées par Laurent Nuñez sont la “remise en cause très forte de l’autorité judiciaire” et les “accusations systématiques” contre “la police [qui] tue”, il estime que LFI s’éloigne des valeurs républicaines de la France. Quelques acrobaties pour arriver à caser le parti à l’extrême gauche.
 


 

L’UDR classée à l’extrême droite

Dans le même moment, le Conseil d’État a validé la circulaire classant le nouveau parti d’Éric Ciotti, allié au RN, à l’extrême droite.
 


 

Eliot Bertin, le néonazi de Schrödinger

Il est là mais il n’est pas là. Merci pour ce reportage croustillant.
 


 

Un violeur talentueux

En Belgique, un étudiant en gynécologie condamné pour viol a évité la prison sous prétexte qu’il serait “talentueux et engagé”. Une décision qui glace le sang, pour sa victime comme pour ses futures patientes.
 


 

Fuite gravissime des données de santé

Les vies privées étalées sur la place publique.
 


 

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Bonus

Et si on passait à quelque chose de plus plaisant ? 15 histoires où les femmes se vengent des hommes :
 
Post vignette de @ma1ybe disant "J’étais dans un train et une femme enceinte demandait une place assise. Je lui ai proposé la mienne, mais elle a répondu qu’elle ne pouvait pas s’asseoir là parce que c’était au milieu et qu’elle se sentait déjà nauséeuse et étouffée. Elle a donc demandé à un homme assis dans le coin. Il lui a répondu : « Vous pouvez vous asseoir sur mes genoux. » Avant que quiconque ait pu réagir"
 

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