Cette partie de leur propre corps que les femmes ne connaissent pas
Ou plus prosaïquement comment s'appelle le trou par lequel les filles font pipi ?
En bref :
– Sur Twitter, plusieurs femmes avouent confondre urètre et vagin
– Il faut dire que le corps féminin reste un tabou dans notre société
– C’est l’occasion de démystifier d’autres idées reçues sur le vagin
“Comment s’appelle le trou par lequel les filles font pipi ?” Sur Google, c’est une question qui semble être régulièrement posée. La question renvoie évidemment à l’urètre mais les articles sont peu nombreux et restent très scientifiques voire arides à lire. On considère que c’est une information que tout le monde connaît déjà et que des explications détaillées sont superflues.
Pourtant, il ne faut pas chercher bien loin pour se rendre compte que ce n’est pas le cas. Nous pourrions vous citer ces couples inexpérimentés qui ont des rapports sexuels via l’urètre mais c’est extrêmement rare. Par contre, la méconnaissance du corps féminin est, elle, assez répandue. Près de la moitié de la population féminine ne sait pas correctement nommer son anatomie.
“Ma pote vient de demander aux hommes de notre groupe si une femme peut faire pipi si elle a un tampon et AUCUN n’est capable de dire si oui ou non”. En postant ce tweet, @ninetalesangel pensait se moquer des hommes et de leur ignorance (réelle). Sauf que, bien vite, elle s’est rendue compte que plusieurs femmes ne savait pas non plus. “Même moi je sais pas j’te dis la vérité”. “J’avais 14 ans je crois, je me baladais avec mon meilleur ami du collège, je lui dis : j’ai grave envie de pisser mais j’ai mes règles et je viens de mettre un tampon. Il m’a dit “GIRL????” et il m’a expliqué le truc. Merci encore Florian”.
Une explication s’imposait.
L’urètre, c’est quoi ?
L’urètre féminin est un petit canal (environ 3 à 4 cm de long) qui permet à l’urine de sortir de la vessie pour être évacuée hors du corps. Il fait partie du système urinaire. Où se trouve-t-il ? Il est situé entre le clitoris et l’entrée du vagin, dans la zone appelée vulve. Son orifice est un petit trou visible, juste en dessous du clitoris et au-dessus de l’ouverture vaginale. En résumé, l’urètre est le “tuyau” qui transporte l’urine depuis la vessie jusqu’à l’extérieur du corps. Il n’a aucun rôle dans la reproduction ou les règles.

En théorie, c’est clair. Dans la réalité, c’est plus compliqué. Il suffit de lire le topic Reddit “En tant que femme, je suis gênée de dire que je pensais que l’urètre existait dans le canal vaginal. Quelqu’un d’autre le pensait aussi ou je suis une idiote ?” pour s’en rendre compte. De nombreuses femmes expliquent que même en se regardant nues dans un miroir, elles ne voient pas leur urètre. Une infirmière explique qu’il est possible qu'”il se cache dans un pli selon certains angles et parfois il est un peu plus “interne” chez certaines personnes”. L’important c’est de ne pas avoir honte.
Pourquoi les femmes connaissent-elles si mal leur corps ?
“Je ne comprends pas, à peu près tout le monde a eu des cours de SVT au collège!?!” Comme souvent sur Twitter, les premières réactions sont des jugement moraux. Pourtant, plusieurs raisons expliquent pourquoi de nombreuses femmes méconnaissent leur propre corps. L’éducation sexuelle est effectivement bien obligatoire à l’école depuis 2001 mais son application reste hétérogène. Certains établissements la réduisent à la prévention des IST et des grossesses non désirées, sans aborder l’anatomie de manière concrète. De plus, la société française reste marquée par une certaine pudeur autour du corps féminin. Les familles parlent peu de sexualité ou d’anatomie, et les filles apprennent souvent “sur le tas” (entre copines ou sur Internet) plutôt que par des sources fiables. Même à l’âge adulte, certaines femmes osent difficilement poser des questions à leur médecin par gêne.
Dans les médias, les représentations du corps féminin restent floues. Les publicités pour les protections périodiques, par exemple, utilisent des métaphores (la première publicité montrant du vrai sang et non du “sang bleu” ne date que de 2017 et a fait polémique). Les schémas médicaux sont parfois trop techniques ou idéalisés, ce qui ne facilite pas la compréhension. Désert médicaux oblige, l’accès aux gynécologues est limité en France, surtout pour les jeunes femmes ou celles en précarité. Les généralistes, souvent en première ligne, manquent parfois de temps pour expliquer l’anatomie en détail. Les femmes issues de milieux défavorisés ou de familles immigrées (où les tabous sont parfois plus forts) sont particulièrement touchées.

Enfin, les discussions autour du corps féminin se concentrent souvent sur la fertilité (contraception, grossesse), reléguant au second plan des organes comme l’urètre ou le clitoris, perçus comme “secondaires”. Pourtant, les connaître est crucial pour la santé (infections urinaires, plaisir, etc.).
Les autres mythes du vagin :
Maintenant que vous savez que l’urètre n’est pas à l’intérieur du vagin, voici d’autres idées reçus à démystifier. Nommons déjà comme il faut les parties génitales. En effet, le vagin et la vulve sont souvent confondus, alors que le vagin est le conduit interne reliant l’utérus à l’extérieur, tandis que la vulve désigne les organes externes (grandes lèvres, petites lèvres, clitoris). Autres idées reçues : la taille du pénis ou la forme des lèvres n’influencent pas le plaisir, et classer les femmes en “vaginales” ou “clitoridiennes” n’a aucun sens. Le plaisir dépend des stimulations, pas de l’anatomie. Ne savonnez pas l’intérieur du vagin et ne prenez pas de douches vaginales. Celui-ci est autonettoyant : les sécrétions naturelles protègent la flore vaginale, et les savons ou douches vaginales perturbent son équilibre, favorisant les infections.
La taille du vagin (8 cm au repos, 14 cm excité en moyenne) n’est pas liée à celle de la femme, tout comme son odeur : un vagin sain ne sent pas mauvais. Certaines femmes peuvent éjaculer via les glandes de Skene, mais ce n’est ni systématique ni signe d’un orgasme plus intense. Enfin, un tampon ne peut pas se perdre : le col de l’utérus, doté d’un minuscule orifice, bloque son passage. La ficelle permet de le retirer facilement, même si le vagin s’allonge naturellement.
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